Sou
Pascal qui, depuis ce matin, lit Germinal, vient me demander la valeur du sou. Quand j’avais son âge, un « sou », - pièce de monnaie percée -, était d’usage courant ; sa valeur faciale était de 5 centimes, et l’on parlait couramment de « dix sous », de « vingt sous » (1 franc), de « cent sous » (5 francs). Je me souviens que mon parrain, l’oncle de mon père, tirait pour moi de son porte-monnaie, une « pièce de vingt sous » à l’occasion de la « fête du faubourg » installée avec ses manèges de chevaux de bois sur le place du « champ de foire », à Roanne. On disait de même « livre » pour demi-kilo, expression qui perdure encore, mais aussi « demi-livre » et « quart de livre » : on demandait « un quart de beurre » chez l’épicier. Le « quintal » a disparu ; mon père se souvenait d’avoir entendu parler du « tientau » qui valait cent livres. Les mesures d’ancien régime ont eu la vie dure, et ont subsisté longtemps après la décision de la Convention d’instaurer le système métrique. Quand la « toise » et la « lieue » ont-elles disparu de l’usage ? 02.77.
Août 2000 : jusqu’ici le mot « sous » pour désigner l’argent relevait du registre populaire ; « je n’ai pas le sou » équivalait à « je suis sans un ». Depuis quelque temps je remarque que dans les médias on entend facilement employer « sous » dans des assertions du type ; « Pour réaliser ce projet il nous faudrait des sous », sans que le locuteur donne l’impression de vouloir parler « peuple ». Sans doute qu’est perdu le souvenir de ce que signifiait il y a un demi-siècle encore la « pièce de vingt sous » et le caractère de pauvreté qui l’accompagnait. Les mendiants ne demandent qu’une pièce de « dix balles »